dimanche 19 mars 2017

Juste besoin de naviguer



Le scoop était affiché sur Facebook : « karacool prêt pour un nouveau départ »… une fuite du systeme hydraulique de barre a bien failli nous faire mentir !
Heureusement les pièces de rechange sont disponibles sur place : il me faudra quand même une bonne journée pour remplacer cette sacré durite de 3,5 de long, je vous passe les détails….; une fois les pleins de gazoil et de bières (très important) , nous larguons enfin les amarres de la marina Manglar del Rio sous les adieux de nos amis Michel et Nathalie.


La descente du Rio Dulce est encore une fois prodigieuse : ce fleuve au milieu de la forêt de type amazonienne, la nuit à Texan Bay, la traversée des Gorges, l’escale à Livingston pour les formalités de départ….ce coté du Guatémala est quand même bien attachant !



Mais bon, nous ne sommes pas des marins d’eau douce, et après cet arrêt  forcé de presque 8 mois, nous avons juste besoin d’aller naviguer….


Pour rejoindre la mer, il faut suivre la passe, un étroit chenal d’environ 1 mille de long mais dont la profondeur n’excède pas 1,9m ; à 3 nds de vitesse, un œil sur la trace à suivre, un œil sur le sondeur, notre tirant d’eau est de 1, 3m ; la tension est palpable lorsque Chantal annonce 1,7…1,6…1,5…. ça remonte : 2m,  OUF, ! On est passé !

Le bleu de l’eau, le bruit du clapot,  l’odeur de la brise,  les mouvements, rien n’est plus pareil : nous sommes en mer ! Coup d’œil sur les instruments, 10 à 15 nœuds de vent , nous hissons les voiles et Karacool se déhale…4,nds, 6nds, 8nds,…. 10nds ! OUHAAAA
 Ces premières minutes de navigation étaient attendues depuis longtemps: comment allait se comporter le bateau avec sa nouvelle quille et son nouveau safran ?  Cool, génial, une vraie bonne sensation ; en fait il y a un petit quelque chose que nous avions oublié : il a retrouvé un peu de jeunesse !

Quelques problèmes par contre avec l’équipage…. qui, lui, a un peu perdu la main et cafouille dans les manoeuvres….aurait il pris un coup de vieux ?

Nous avons un peu moins de 150milles à faire jusqu’à notre première escale, mais c’est en principe vent debout ; de plus il n’est pas conseillé de trop s’approcher des côtes du Honduras, ….quelques histoires de pirateries ont été rapportées.

Nous commençons à tirer quelques bords ; à l’approche de la nuit nous prenons un ris (comme toujours par sécurité) même si  le vent ne monte pas trop ; cette nuit, il aura même tendance à mollir et à rester  en plein dans le nez ! Résultat, en 6 heures nous n’avons pas fait le quart de la distance à parcourir, soit à peine 30 milles….
Heureusement les 2 moteurs diesels répondent présents et ils vont nous mener jusqu’à Utila : nouveau record de 130miles en 26h pour Karacool ! (ne le répétez pas).
Dans ma matinée nous avançons sur une mer huile et les reflets sont de toute beauté; quelques clichés pour les amateurs....

  

Karacool et son nouveau poste de barre bien protégé, même plus peur des grains!


Nous sommes aux « Islas de la Bahia », au Honduras: Utila, Roatan et Guanaja. Découvertes par Christophe Colomb, elles ont subi l’influence Britanique jusqu’en 1859 ; comme à Livingston au Guatemala, leur population est issue des Garifunas (un métissage d’esclaves marrons et d’autochtones des Caraïbes) . On y parle un anglais créole absolument incompréhensible pour nous….
Si la première des iles abordée, Utila,  était peu fréquentable, la deuxième, Roatan nous a semblé très touristique avec une foule d’américains qui débarquent des paquebots de croisière et envahissent les meilleurs sites : pas vraiment ce que nous recherchons…! Nous resterons quand même une dizaine de jours à French Cay un lagon bien agréable, histoire de retrouver nos habitudes sur notre sweet home.

French key par beau temps

Gros grain , 35nds... , mais quelle lumière!

paradis pour touristes, il faut reconnaitre que c'est bluffant

Une des photos prise par les milliers de touristes qui sont passées par là cette semaine....karacool a la côte
lancha, cote sud de Roatan, encore des lumières de ouf
Entre Roatan et Guanaja, Pigeon Cay était bien tentant....mais le mouillage de nuit n'était pas raisonnable...
A Guanaja, nous retrouvons un calme et une ambiance paisible qui rappellent un peu les Caraîbes…(d’ailleurs ils la surnomment "the last paradise of the Caribbean »); et c’est vrai que cette ile d’à peine 15 km de long avec son lagon tout autour est  un endroit qui semble préservé du tourisme et de la foule . Ici, nous coulons des jours heureux en alternant baignades,  escapades en annexe dans le lagon (un chenal permet de passer de l’autre coté de l’île), petites marches insolites dans une montagne presque vierge : partout les habitants nous font un petit signe et nous gratifient d’un « Benvenitos ! »
Entrée du chenal qui permet de traverser l'ile de la cote sud à la cote cote nord 

le chenal, mais uniquement pour les bateaux à moteur...
et d'acceder à cet immense lagon et ses plages uniquement accessibles par la mer
Curieusement, les 9/10 de la population, soit 6000 habitants, n’occupent qu’un petit ilot , la ville de Bonacca : avec ses canaux et ses ruelles minuscules, c’est en fait une « Venise » des Caraîbes; on y trouve à peu près tout pour l’avitaillement et surtout le sourire de cette population locale qui est très fière de son ile!

El Bight, superbe mouillage pour Karacool
Bonacca, la Venise des Caraïbes

Il reste encore un peu de temps pour la lecture et aussi les apéros sur les bateaux copains ou les quelques maisons d’hôtes toutes aussi surprenantes…. Tels le « Manati » tenu par des allemands et ou encore Mi Casa Too , où les colibris font le spectacle.

El Manati 

On attend donc une météo favorable pour tracer les 300milles vers le NE qui nous séparent des Iles Cayman; au pire il nous faudra remonter sur Cuba pour ensuite redescendre…. mais ce sera une autre page de blog,  et puis on vous le redit, « on a juste besoin de naviguer » !

 








premiers snorkeling...

PS: petits changements pour le look du blog...on attends vos commentaires
Vous voulez une photo satellite de notre lieu de mouillage? cliquez sur le lien "où se trouve Karacool?