lundi 28 décembre 2015

Un Noêl pas comme les autres

Pour nous un Noêl pas comme les autres,: réveillon dans un petit resto attenant au yacht Club de Tyrrel Bay à Carriacou…

Tyrrel Bay au sud de Carriacou est une jolie baie et un mouillage réputé bien protégé; autour de nous, une  piscine immense et translucide, bordée d'une grande plage de sable blond comme sur les cartes postales. Beaucoup de bateaux autour de nous, une bonne cinquantaine! pourtant on l'impression d'être tous seuls: eau transparente, un alizé bien établi rend la température idéale. Seule ombre au tableau, la météo n'est pas de la partie...

Il existe une lagune, réputée pour être un bon abris cyclonique

A terre, pas vraiment de quoi retenir le touriste: c’est plus folklo, quelques boutiques très rudimentaires , quelques cases plutôt délabrées; ambiance black avec musique toute la nuit de Noël! 
Etonnant, à Carriacou!
Nouvelle version de la Scene...


Sur Karacool l’optimisme est revenu; j’ai réparé mon dessal comme un grand: fort heureusement il y avait à bord cette fameuse piece qui se trouvait dans le stock de pieces détachées et dont je me demandais bien à quoi ça pouvait servir….3 petites journées pour tout démonter, nettoyer et refixer ces foutus raccords. j’en ai profité pour démonter et nettoyer la pompe à m…qui était un véritable atlas de sédimentologie de l’histoire de karacool….
aujourd’hui dépose du moteur hors bord dans le cockpit car le reniflard d’eau de refroidissement ne donne plus…curieux on avait fait (soit disant ) changer l’impeller à trinidad; en fait de simples gros caillots de sel obstruaient la sortie ….Elle est pas belle la vie!


vendredi 18 décembre 2015

Grenada, premier épisode de la saison 2


Une semaine que nous sommes à Grenada ; le bateau est ancré à Clarke’s Court Bay, au fond d’une des nombreuses baies du sud de Grenada. C’est un mouillage excellent ! Moyennement abrité du vent dominant mais très bien protégé de la houle, l’eau est un peu trouble, mais enfin … nos premiers bains après plus d’un mois passé sur Karacool,  à terre

Quel contraste après les 4 semaines passées à Trinidad ! Pas de pollution, pas de bruit, pas de pluies torrentielles…on oublie la période que nous venons de vivre au chantier de Power Boats, les problèmes techniques avant la remise à flot du bateau …on vous épargne ces détails qui sont les privilèges du propriétaire, car l’esprit de ce blog reste de vous faire rêver .

A Chagaramas, nous avons retrouvés quelques amis connus l’an passé et puis nous en avons rencontrés d’autres ; avec eux nous avons parlé de nos projets, de nos expériences et de nos bateaux,  chacun apportant une petite part de son expérience.
Autour de quelques drinks, nous avons dégusté des « picanhas » (morceaux de bœuf situé sur le fessier et qui s’avèrent succulents au barbecue), les italiens nous ont révélé des secrets culinaires dans la préparation de leurs pâtes et je me suis essayé à leur faire découvrir un rougail saucisse. Au total de biens agréables soirées qui effacent les journées de labeur dans la moiteur tropicale.

A Trinidad nous en avons profité pour faire un peu de tourisme, mais bof pas vraiment l’endroit idéal à recommander pour les vacances. Port of Spain est une capitale sans urbanisme cohérent et guère enthousiasmante; la circulation est horrible comparée à nos souvenirs de la Réunion avant la route des Tamarins, c’est peu dire !
En fait le point positif et intéressant reste la culture musicale : ces fameux orchestres de steel band biens connus aux Antilles ; ils ont acquis à Trinidad une dimension vraiment époustouflante : rien qu’avec leurs instruments à percussion, les « steel pan », ils arrivent à reproduire les mélodies les plus courantes, dés que le nombre atteint 50 voir 100, ils sont même capables d’interpréter de la musique classique : bluffant ! Il faut s’approcher au plus près de l’orchestre pour constater la subtilité des sonorités et  des tonalités . Aux dires des connaisseurs c’est pourquoi le carnaval de Trinidad est aussi célèbre.

Mais bon, le carnaval c’est en février et on a de la route ou plutôt de l’eau à traverser. 

Fort de sa nouvelle voile et de ses moteurs reconditionés, Karacool a été mis à l’eau il y a une semaine : une formalité cette fois….( photographié par nos amis Giancarlo et Timéa qui possèdent un outremer 50)


 Le surlendemain nous effectuons les 85 miles à la moyenne honorable de 8,4 nds avec des pointes à + de 13 nds,  mer belle, alizé d’est de force 3  à 4, ciel dégagé : une navigation de rêve !

Grenada est un petit paradis pour le navigateur : ses innombrables criques invitent à poser l’ancre ; la nonchalance et le sourire des habitants, l’abondante végétation et les couleurs pimpantes des habitations contrastent avec la fébrilité et la grisaille de Trinidad ; même les douaniers sont sympas!  
Le lendemain, pour un 2,5 EC$ soit moins d’1 €, un taxi minibus nous amène à St Georges. Capitale de Grenada, cette ville garde les traces de sa riche époque coloniale ( française et anglaise) mais porte aussi les traces de ses cyclones dévastateurs. C’est une magnifique baie bien protégée avec plusieurs bassins et  même des quais «  à la française ». Ambiance douce et décontractée, à peine troublée par le flot de touristes américains débarqués de paquebots de croisière .  En début d’après midi la chaleur monte et chacun aspire à un peu de farniente ; nous retrouvons avec délice l’isolement de Karacool , resté bien sagement à son mouillage.

L’accueil à la petite marina de Whisper Cove, tenue par un couple de québécois, restera dans nos mémoires ! Leur petite boutique, « meat and meet » propose des tas de produits frais, une vraie boucherie, des plats préparés et tous les jours le restaurant organise des soirées à thème culinaire différents : on y reste !!
Nous n’avons plus de frigo et le dessalinisateur n’a pas un rendement terrible, nous avions prévu de remonter rapidement sur la Martinique  pour récupérer nos sacs de golf, puis de naviguer sur St Martin (près de 300 miles au total..) pour prendre possession d’affaires personnelles expédiés par bateau ….tant pis, ça attendra, le bonheur est là.



Et puis  dans les Caraïbes c’est aussi Noël !



Port of Spain, 

Orchestre de Steelband, "Silver Stars"

Ambiance travail et mise à l'eau de Karacool
 




rencontre insolite sur notre route
Retour en images sur le tourisme à Trinidad

 




 
 







 Tourisme à St georges




 







 Marina Le Phare bleu, à droite la petite case au toit vert, c'est le bureau des douanes et immigration


Whisper Cove Marina



dimanche 2 août 2015

Retour à Trinidad


Retour à Trinidad ou les rêveries à la barre de karacool

Vendredi 17 juillet 9h30 au large de St Vincent, la visibilité est à peine de 10 miles et aucune terre n'est en vue. La brume de sable (présente depuis plusieurs mois dans les Caraïbes) nous donne l'impression d'avoir emmené Karacool au milieu de l'océan. Nous naviguons depuis maintenant plus de 24 heures ; la nuit a été longue à veiller au poste de barre et une certaine fatigue commence à se faire sentir.
 En phase avec les mouvements du bateau, le corps se libère de toute tension; le regard perdu vers l'horizon, l'esprit est lui aussi à la dérive : une sorte d'état second s'installe doucement ....
les pensés défilent dans la dans la tête et on se repasse le film des dernières heures et des dernières semaines: flashback sur les épisodes...

Il y a d'abord eu cette euphorie du départ de Pointe a Pitre hier matin; avec un vent favorable et notre Karacool étincelant dans sa nouvelle peinture, les 250 miles jusqu'à Grenade nous semblaient une formalité .
Et puis rapidement à peine 2h après le départ, au premier changement de voilure alors que le vent forçait : claquement sourd de la voile qui se déchire.....consternation devant cette fatalité et colère d'avoir été si imprudent en étarquant peut être un peu trop fort le point d'écoute ....on m'avait pourtant mis en garde!

Boule d'angoisse lorsque la nuit est devenue toute noire et  que Karacool continuait à flirter avec les 10nds  sous 3ris tel un pur-sang lancé dans un galop fou . Dans une mer assez formée, l'eau se dérobe, sensation d'apesanteur pendant une fraction de seconde, ....... Mais la prochaine vague est là, elle éclate sur l'étrave faisant parfois s'envoler des gerbes d'eau jusqu'au cockpit. Dans cette chevauchée, on se cramponne, les yeux fixés dans la nuit , à la recherche d'un obstacle imaginaire.

Sale impression de se demander ce qu'on est venu faire dans cette galère!

Et puis, ...et puis..... au dessus de nous, cette vision spectaculaire de la voie lactée! ce soir elle est sublimée par l'obscurité totale: les milliards de constellations sont bien là, éclairant presque la nuit. A l'arrière, les jupes engendrent des tourbillons bouillonnants, et comme le ciel, la mer étincelle de ses millions d'éclats du plancton phosphorescent , les sillages de Karacool sont comme des étoiles filantes!

Alors...le cœur se pince d'émotion et le revoilà, ce sentiment d'être à la place que nous avons choisi : inconsciemment c'est ce spectacle et ces moments que nous recherchions.

Et puis l'aube s'est enfin levée, soleil timide , la mer parait plus calme, plus accueillante, quel bonheur de revoir les étraves !

Chantal est au poste de barre; elle aura fait preuve d'un courage extraordinaire. Me relayant dans les quarts sans hésitation, et ce matin au petit jour, nous sommes fiers de la distance parcourue et de notre effort...les Grenadines ne sont pas loin..... Même avec 3 ris, "ça va le faire" comme dirait Pascal!



Pascal est celui qui nous a repeint le bateau; Pascal Poisson est un ancien coureur cycliste pro des années 80( quelques tours de France comme équipier de Laurent Fignon); c'est donc un fonceur, un bourreau de travail que rien n'effraie .... La conclusion de cette aventure est encore toute fraîche comme la peinture et le sika qui me sont restés collés sous les ongles.. Nous avions décidé de faire repeindre Karacool mais nous ne pensions pas que cela nécessiterait un tel investissement personnel.....L'épreuve a été éprouvante physiquement et mentalement, mais le résultat est là: comme je l'ai écrit sur mon avatar Skipe: le nouveau karacool est arrivé 



Dans 2 j nous devrions être à Trinidad et je repense à la première page du blog, à la préparation du bateau . Que de travail accompli durant ces 8 mois! (et pourtant il semble en rester encore beaucoup; la page "le bateau" décrit les problèmes techniques rencontrés)
Que de rencontres nouvelles, impromptues et surprenantes dont certaines vont sajouter à notre carnet dadresse.
Que de paysages au cours des 1000 miles parcourus, une dizaine d’états, une trentaine diles et autant de mouillages où chaque matin est un horizon nouveau.

La nouvelle vie que nous recherchions se construit !

Nous avons essayé de vous faire  vivre un peu  de tout ça au travers des quelques pages de notre blog,
mais jai la sensation que nous sommes sur une autre planète; il est probable que les photos et les mots n'ont pas le même impact dans votre quotidien de terrien....sorry les amis! C'est l'occasion pour nous de vous inviter à venir nous rejoindre pour partager une petite tranche de vie sur Karacool.

. Cette page sera donc la dernière de ce qu'on pourrait appeler le premier chapitre.
Dans moins de 2 semaines nous serons heureux de prendre l'avion avec l'enthousiasme de retrouver nos proches et nos amis auxquels nous n'avons pas arrêté de penser durant ces derniers mois. Quel bonheur en perspective.

Mais pendant que je vous écris tout cela. Le vent a molli et nous ne serons pas à Grenada ce soir... Union Island est devant nous. Peut être qu'une nuit a Chatam Bay sera la bienvenue; on va en profiter pour mettre un peu d'ordre dans le restant de voile qui est saucissonnée sur la baume....





Le nouveau Karacool






Quelques photos souvenir de notre séjour à La Guadeloupe

La Soufriere, 1477m, une paille à coté de notre Fournaise, mais les vapeurs de souffre accentuent ce sentiment d'être aux portes de l'enfer


Basse Terre

Musée à St claude, une initiative d'un particulier qui s'est attaché à collectionner les objets anciens et à restaurer les vieilles automobiles, étonnant!

Grande Terre

à Morne à l'eau le cimetière du centre ville est impérial

Les falaises d'Ouessan? non, nous sommes à la pointe nord de Grande Terre

les Saintes, encore et encore; cette fois nous sommes montés au Chameau, le point le plus élevé de l'archipel: quel spectacle



Pendant que vous assistiez au Sakifo, nous étions au Festival Terre de Blues à Marie Galante