dimanche 7 décembre 2014

Va ou le vent te mène


Tout d’abord un grand merci à tous ceux qui nous lisent et qui nous adressent des petits messages d’encouragement et même d’admiration…restons modestes  !
Pour la septième fois en 2 ans, nous voiçi aux Saintes à Terre de Haut plus exactement , et comme chaque fois la magie s’opère, car c’est vrai qu’on y est bien !
Il est 3h00 de l’après midi, le soleil commence doucement à décliner et une petite brise rend la température du carré à peine trop chaude, (30°9, pour faire rêver nos amis de métropole…) ; le clapotis généré par l’annexe  attachée à l’arrière du bateau est à peine perturbé par le sillage des autres annexes et nous rappelle que nous sommes sur l’eau tant le plan d’eau est calme et reposant.
C’est un repos bien mérité après les 2 journées de nav entre la Martinique et la Guadeloupe avec une escale à La Dominique. En effet l’alizé est en panne depuis 3 jours et les 2 vieux Nanni diesels se font joyeusement entendre….!
Chantal ne voulant pas naviguer de nuit, à l’approche de Roseau nous guettons avec impatience notre ami Pancho qui doit nous amarrer à la bouée salvatrice…. car le mouillage est quasi impossible : trop de fond, courants et  brise de terre feront tourner le bateau toute la nuit ; le voilà qui arrive un grand sourire et un grand bonjour (car il parle français) ; contre une bouteille de rhum il amarre solidement Karacool et nous donne même le code wifi pour l’internet!  Sa maison du bord de mer est à peine à 50m de nous et jusqu’à minuit nous aurons de la musique gratuite et profiterons en prime d’un orchestre Steel Band venu animer un probable meeting pré-électoral….

Samedi 6H30 la pluie de la nuit s’arrête à peine…Après avoir consulté la météo sur internet, qui confirme un petit alizé de sud est, nous partons sous un ciel chargé et en direction d’un énorme grain. De toute la cote ouest de la Dominique, nous ne verrons que des énormes trombes d’eau qui vont mettre à l’épreuve l’étanchéité des hublots et des capots….pas trop de mal ! En moins d’un quart d’heure le K-way est trempé et je commence à grelotter à la barre en essayant de trouver un peu de vent sans cesse changeant ; avec 3 ris et 1 moteur le cap reste correct. Pour se réchauffer je sors la brosse et commence à astiquer le pont pour profiter de cette eau bénite à volonté et enlever les traces de doigts et de pieds graisseux de nos amis mécanos de Trinidad : le résultat est plutot bluffant et on se dit que le pont pourra attendre pour une nouvelle peinture !
Nous émergeons des nuages à la pointe Nord de La Dominique, Portsmouth, quasiment vent arriere…il faudrait tirer à l’est pour récupérer un brin d’alizé et parcourir les 20 Milles qu’il nous reste à couvrir pour rejoindre les Saintes qui se profilent à l’horizon…
Va où le vent te mène me disait Gaël ! toujours naviguer à l’allure la plus confortable, sans trop se préoccuper du cap de la destination !…. pourquoi pas, le grand largue vers l’ouest a l’air plus favorable , les moteurs deviennent assourdissant et Karacool a envie de sêcher ses voiles ; quelle bonne intuition, le vent arrive et s’établit : Sud ouest , 15 à 18 de vent réél ; nous découvrons le confort du grand largue sur Karacool, et c’est par 6-7 nœuds que nous allons entrer dans les Saintes , par la passe des Dames svp! (pour ceux qui conaissent, les Saintes par vent d’ouest c’est assez rare)

Tout ça pour vous dire que cette escale va servir de sas de décompression avant la remontée….ces 2 mois en immersion avec Karacool nous ont fait vivre et découvrir un avant goût de ce qui nous attend , de plaisirs, de galères ….


La Reunion c’est dans 10j à peine….le plaisir de vous retrouver tous !

 départ de Roseau, c'est droit devant
 les lunettes c'est pour se protéger de la pluie!....
Humide, La dominique

 de l'eau de l'eau
passe des Dames

l'iphone est un précieux indicateur pour aborder la passe


jeudi 4 décembre 2014

De trinidad à La Martinique en 5 étapes et en images

départ de trinidad au petit matin, le vent monte doucement mais inexorablement; 2 ris dans la grand voile, passage du mur des 10nds!

Le vent force et la mer se forme, les grains se succèdent...

le cap des 30nds de vent réél sera souvent franchi, 3 ris , 60° du vent, le speedo est assez éloquent
Derrière le sillage est impressionnant...
Grenade , 16H00, nous avons parcouru les 80 miles en 11h00, pas mal pour un premier run.

J2 plus tranquille sous le vent de Grenade, mais vent debout , on va tirer des bords pendant 4 heures
J3, avant  St vincent, Le vent tient les 20 à 25nds, mais la mer est plate, on se risque à quelques photos de l'avant du bateau



Premier mouillage sauvage à Ile Ronde, un peu avant Cariacou

J4, entre St Vincent et Ste Lucie, les sargasses donnent de la couleur..
 Passage des 2 Pitons à Ste lucie
 Le winch électrique est un équipier fantastique...
Et voilà le premier barra qui s'est laissé prendre...

 J5 Arrivée à la Martinique, Le marin; Un trimaran de la route du Rhum nous a précédé...

dimanche 30 novembre 2014

C'est parti!


15 h00, c’est à 15h que la mise à l’eau est programmée en ce jour du 21 novembre . Il est 14H00, le check up des choses à faire défile dans la tête…une petite boule noue l’estomac ; nous avons pris le temps de déjeuner avec Gaêl, Alice et leur petite fille Zoé. Il pleuvait depuis midi, le ciel laisse présager une belle éclaircie et c’est de bonne augure !
...débrancher l’alimentation de 220, sortir les pare battages, préparer les haussières, hisser les pavillons, brancher les batteries moteur….cool man ! tout a été pensé et repensé, ça va le faire.
Défilent dans la tête les travaux réalisés depuis 1 mois maintenant et les évènements des derniers jours et surtout cette mise à l’eau avortée lundi dernier…. Et oui les photos de notre mise à flot qui circulent sur facebook ne nous ont permis que de tremper les jupes arrière ; le moteur tribord n’a pas voulu démarrer : démarreur HS ! remontée de Karacool et retour à la case départ ; petit incident lors de la manœuvre, on racle la quille bâbord : grosses frayeurs, on s’aperçoit que le fond de la quille tribord est sans aucune protection et ce depuis longtemps, que le bois a un sale aspect vermoulu et que des tarets (mollusques du bois) se sont invités ….
Bref 2 gros problèmes , mais on est content que ça nous arrive ce jour , ce faux départ est une chance !
Nous sommes en Afrique , je vous l’avais dit dans ma première page : en 1 h on trouve le petit réparateur improbable qui va nous refaire un démarreur tout neuf pour l’équivalent de 120€ en 4h00 de travail ; génial !
Contact par l’intermédiaire de Patrick avec le chantier constructeur pour les quilles : en fait ce sont les brions, ces appendices qui servent de martyr en cas de talonnage (et oui ça peu arriver), qui sont endommagés mais rien de grave ni préjudiciable à la structure du bateau. Un bon ponçage, de la résine époxy, un peu d’antifouling et c’est comme neuf !

Au total 4 jours de tension, d’angoisses et finalement de soulagements  qui font que maintenant il faut y aller, on n’a plus aucune raison d’attendre ; le week-end arrive, on va pas encore s’endormir avec les sonos à fond la caisse des fêtards de Trinidad !

Chantal met un peu les freins, cherche inconsciemment un petit truc qui pourrait nous faire encore retarder la mise à l’eau ; même Gaêl qui s’était proposé de nous accompagner la première fois, déclare forfait ce jour : on va être seuls à bord.

15h00 précise, Karacool s’ébranle sur son chariot, le slipway est à peine à 100m, le ciel est dégagé, une petite brise de terre nous poussera naturellement à l’eau ; un passant lève un pouce admiratif : « nice boat ! » me lance-t-il,  quelques badauds nous regardent…il n’en fallait pas plus pour qu’un petit frisson de plaisir et de fierté me fasse  oublier toute appréhension ; les moteurs s’ébrouent au quart de tour, la chaine se relâche, Karacool se glisse doucement et effleure la surface de l’eau , marche arrière lente, demi tour sur place, marche avant, c’est parti !












vendredi 7 novembre 2014

Trinidad

Karacool et sa nouvelle immatriculation

nouvelle table à carte rénovée

on pose les nouveaux coussins du carré

Karacool et son nouvel antifouling et retouches de peintures sur la coque

Me voila plongé dans l’ambiance bateau depuis un peu plus de 15 jours; Chaguaramas, Chantier Powerboat, regroupe environ une centaine de bateaux  venus reposer pour quelques mois pour travaux ou retour au pays; on y rencontre donc des navigateurs de partout et de tout types, du superbe yacht à moteur au petit voilier de vagabondage qui n’ira sans doute plus très loin et qui prend racine au chantier; le site est assez immense avec toutes les commodités: chip chandler, sanitaires et loundry, tous les corps de metier du bateau sont sur place , une boutique et surtout un bar restaurant. il y’a aussi énormément de bateaux de pêche et loisir appartenant à des locaux qui se font les sorties le week end.
Trinidad c’est un peu l’Afrique, des black plutôt souriant, avec la nonchalance un peu déroutante chez nous occidentaux.
tout est possible « tomorrow » , il faut voir le rythme de travail: arrivée 9h00 , démarche traine savates, écouteurs vissés sur les oreilles (la musique est partout), on s’assoit à l’ombre du bateau ; le boss arrive un peu plus tard et donne les directives; palabres, qui fait quoi, qui va chercher quoi.. on commence à s’y mettre vers 10h30 11h00; midi c’est la pose; reprise vers 13H00 pour les plus courageux; l’apres midi est un un peu plus animé et avec un peu plus d’entrain; ça palabre encore et surtout en rigolant et on y reste jusqu’à 4 à 5 heures sauf plus si c’est nécessaire.. et c’est là que c’est important; j’avais fixé un impératif de réalisation des travaux et les premiers jours je me maudissais d’avoir accepté le deal; c’est pas possible que ces guy (c’est comme ça qu’on appelle tout le monde içi) puissent terminer et faire correctement ce qui a été demandé…et pourtant au bout du compte , et ben... le compte est bon!

hier j’ai rencontré un Français qui a tout largué depuis 2 ans et qui adore Trinidad; ayant vécu à Abidjan il se retrouve chez lui et trouve beaucoup de qualité à cet état, parent pauvre des caraîbes  et très peu fréquenté par les touristes;pour lui c’est le bonheur sur ces grandes plages du nord, colonisées le week end par les locaux qui comme à la reunion débarquent en famille avec leur carry local et te proposent de le partager. autre vision que  celle des ricains que j’ai rencontrés il y a une semaine qui m’avaient recommandé de ne surtout pas aller dans le nord, au risque de me faire trancher la gorge!

Enfin voilà, ce soir vendredi on se prépare à la grosse fête du week end; soirée disc jochey au restaurant, clim à fond bien appréciée après la chaleur de la journée, j’en prends plein les oreille, la tele 6 diffuse du cacth; à ma droite un groupe de blancs ecluse des litres de carib (biere nationale des caraibes, un peu mieux que notre dodo) à ma gauche une couple black avec un top model cuisses découvertes qui sirote de pina colada, 2 billards enchainent le parties avec de joueurs plutot top; le bar est maintenant déserté, les groupes ont migré vers l’extérieur ou un barbecue est installé aux abords d’un ponton; car bien sûr nous sommes au bord de la mer: en face de nous une cinquantaine de bateaux au mouillage; un peu à gauche un quai avec un énorme porte conteneur dont le bruit des ventilateurs résonnera toute la nuit; au large une île qui regroupe quelques villas de style "maison bleu accrochée à la colline » et au loin quelques arbres de noel symbolisant les plateformes pétrolières… car trinidad est assez riche..!

La sono monte d’un cran et aborde des rythmes de beguine; tout le monde se trémousse un peu …bientôt 10H00 du soir mon ordinateur ne semble géner personne ... ,je vais rejoindre  la tranquillité de karakool et profiter d’un repos bien mérité après cette journée car demain jai du boulot!
le frigo a une sale gueule mais il va repartir

le fond de coque été décapé et recouvert de peinture epoxy
refection de l'embase de l'arbre d'hélice bâbord

voilà comment il a fallu sortir le joint autolub de l'arbre bâbord


Melvyn Joseph, ferronerie en tous genres, il me fera le siege de barre;